Libreville ajuste ses ambitions économiques. Dans sa dernière Loi de Finances Rectificative (LFR), le gouvernement ramène ses prévisions de croissance à 4 %, marquée par une coupe sévère dans l’investissement public et une chute brutale des exportations de matières premières.
L’optimisme économique du début d’année cède la place à un principe de réalité. Initialement projetée à 6,5 %, la croissance économique du Gabon a été officiellement révisée à 4 % par le gouvernement dans sa Loi de Finances Rectificative (LFR). Un coup de frein qui s’explique par une mauvaise performance au premier trimestre, marqué par un plongeon spectaculaire de 34,5 % de la valeur des exportations de matières premières, plombé par le ralentissement de la demande des partenaires historiques comme la Chine et la France.Pour redresser la barre et rassurer les bailleurs internationaux – notamment le Fonds Monétaire International (FMI) avec qui Libreville négocie un nouveau programme économique –, l’État a choisi la voie de l’austérité. Le budget d’investissement public s’effondre de 45 %, passant de 2 137 milliards à 1 169 milliards de FCFA. Les secteurs de l’agriculture, du logement et des mines absorbent l’essentiel du choc. Si cette rigueur budgétaire permet d’améliorer la crédibilité financière du pays à court terme, la baisse drastique des investissements productifs pose de sérieuses questions sur la capacité du Gabon à diversifier son économie hors-pétrole à long terme.
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