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Par Yves Fernand Manfoumbi

Le Gabon ne souffre pas seulement dโ€™un problรจme de ressources. Il souffre surtout dโ€™un problรจme de transformation de la ressource en rรฉsultat. Cโ€™est peut-รชtre lโ€™un des dรฉbats les plus importants de notre reconstruction nationale.

On parle beaucoup de dette, de recettes fiscales, de diversification et dโ€™investissements. Mais une question demeure trop rarement posรฉe : combien coรปte rรฉellement ร  lโ€™ร‰tat chaque rรฉsultat obtenu ?

Un budget crรฉdible nโ€™est pas celui qui annonce beaucoup. Cโ€™est celui qui exรฉcute mieux, paie ร  temps et produit des rรฉsultats mesurables.

Les exemples internationaux sont รฉclairants. Le Rwanda a construit une partie de sa crรฉdibilitรฉ sur une culture de performance, avec des objectifs publics suivis et รฉvaluรฉs.

Singapour, avec des ressources naturelles limitรฉes, a fait de la qualitรฉ de son administration un avantage รฉconomique majeur.

La Cรดte dโ€™Ivoire, depuis plusieurs annรฉes, a renforcรฉ la programmation et le suivi de ses investissements publics pour soutenir sa transformation รฉconomique.

Le Gabon peut tirer une leรงon simple de ces expรฉriences : la richesse dโ€™un pays ne garantit pas sa performance ; la qualitรฉ de son organisation, oui.

Notre prioritรฉ devrait donc รชtre de passer dโ€™une logique de consommation des crรฉdits ร  une logique de production de rรฉsultats.

๐‚๐ž๐ฅ๐š ๐ฌ๐ฎ๐ฉ๐ฉ๐จ๐ฌ๐ž ๐ญ๐ซ๐จ๐ข๐ฌ ๐ซ๐ฎ๐ฉ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž๐ฌ.

๐๐ซ๐ž๐ฆ๐ขรจ๐ซ๐ž ๐ซ๐ฎ๐ฉ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž : ๐ฉ๐ซ๐จ๐ ๐ซ๐š๐ฆ๐ฆ๐ž๐ซ ๐š๐ฏ๐š๐ง๐ญ ๐๐ž ๐รฉ๐ฉ๐ž๐ง๐ฌ๐ž๐ซ.

Chaque franc public doit รชtre rattachรฉ ร  une prioritรฉ nationale, un calendrier, un responsable et un rรฉsultat attendu.

๐ƒ๐ž๐ฎ๐ฑ๐ขรจ๐ฆ๐ž ๐ซ๐ฎ๐ฉ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž : ๐ฌ๐ฒ๐ง๐œ๐ก๐ซ๐จ๐ง๐ข๐ฌ๐ž๐ซ ๐›๐ฎ๐๐ ๐ž๐ญ ๐ž๐ญ ๐ญ๐ซรฉ๐ฌ๐จ๐ซ๐ž๐ซ๐ข๐ž.

Un investissement annoncรฉ mais non financรฉ ร  temps devient une promesse. Une facture publique impayรฉe devient un coรปt pour lโ€™entreprise. Un chantier interrompu devient une perte pour la collectivitรฉ.

๐“๐ซ๐จ๐ข๐ฌ๐ขรจ๐ฆ๐ž ๐ซ๐ฎ๐ฉ๐ญ๐ฎ๐ซ๐ž : ๐ฆ๐ž๐ฌ๐ฎ๐ซ๐ž๐ซ ๐œ๐ž ๐ช๐ฎ๐ž ๐ฅโ€™๐„๐ญ๐š๐ญ ๐ฉ๐ซ๐จ๐๐ฎ๐ข๐ญ.

Combien de kilomรจtres de routes rรฉellement livrรฉs ? Combien de salles de classe effectivement construites ? Combien dโ€™entreprises financรฉes et devenues productives ? Combien dโ€™emplois crรฉรฉs par les investissements publics ?

Voilร  les indicateurs qui devraient progressivement devenir aussi importants que le volume des crรฉdits inscrits au budget.

Lโ€™excellence opรฉrationnelle nโ€™est donc pas une rรฉforme technocratique supplรฉmentaire. Cโ€™est une rรฉforme de lโ€™ร‰tat.

Elle touche ร  la responsabilitรฉ des ministรจres, ร  la chaรฎne de la dรฉpense, ร  la trรฉsorerie, aux marchรฉs publics, au suivi des projets et, surtout, ร  la culture administrative.

Car un pays ne devient pas souverain financiรจrement simplement parce quโ€™il possรจde des ressources. Il le devient lorsquโ€™il sait les programmer, les protรฉger et les transformer en rรฉsultats.

Le Gabon dispose aujourdโ€™hui dโ€™une fenรชtre historique pour franchir ce cap.

Nous devons avoir le courage de poser une nouvelle rรจgle : aucune dรฉpense publique sans objectif clair, aucun grand projet sans indicateur de rรฉsultat, aucun crรฉdit sans รฉvaluation de son impact.

Cโ€™est ainsi que se construit la confiance.

La confiance des citoyens.

La confiance des entreprises.

La confiance des investisseurs.

La confiance des partenaires financiers.

Et surtout, la confiance dโ€™un ร‰tat en sa propre capacitรฉ dโ€™action.

Le vรฉritable luxe du Gabon ne sera bientรดt plus dโ€™avoir des ressources. Ce sera de savoir les transformer, avec discipline, en routes, en emplois, en entreprises, en services publics et en prospรฉritรฉ.

Lโ€™excellence opรฉrationnelle nโ€™est donc pas la rรฉforme qui fait le plus de bruit.

Cโ€™est celle qui peut faire fonctionner lโ€™ร‰tat.

Et lorsque lโ€™ร‰tat fonctionne mieux, chaque franc public cesse dโ€™รชtre simplement une dรฉpense : il devient un instrument de puissance nationale.

 

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