Le Gabon et la Guinée équatoriale ont franchi une nouvelle étape dans le règlement du différend frontalier portant sur les îles Mbanié, Cocotiers et Conga. Les deux pays ont signé, le 28 juillet à Addis-Abeba, un Accord d’engagement conjoint destiné à mettre en œuvre l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ).
Paraphé par les ministres des Affaires étrangères des deux États, en présence du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le document ne remet pas en cause la décision de la CIJ, qui a reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale sur les trois îlots. Il fixe plutôt les modalités pratiques de son application, notamment la démarcation des frontières terrestres et maritimes, la mise en place de mécanismes de suivi bilatéral et la poursuite du dialogue technique.
Le contentieux entre Libreville et Malabo remonte aux années 1970. Après plusieurs décennies de tensions ponctuées de tentatives de médiation, les deux pays avaient convenu en 2016 de saisir la CIJ afin de trancher définitivement le différend.
L’accord signé à Addis-Abeba marque ainsi le passage d’une décision judiciaire à une phase diplomatique et technique. L’Union africaine, par l’entremise de son envoyé spécial Albert Shingiro, a joué un rôle de facilitateur dans les discussions ayant conduit à cet engagement.
Au-delà de la question de souveraineté, cette avancée revêt une importance stratégique.
La délimitation des espaces maritimes permettra de clarifier les droits des deux États sur leurs zones économiques exclusives, dans une région où les enjeux liés aux ressources offshore, à la sécurité maritime et à la lutte contre la piraterie demeurent majeurs.
Si l’accord constitue une avancée significative, le dossier n’est pas totalement clos. Les travaux de démarcation sur le terrain et les concertations techniques à venir seront déterminants pour garantir une application durable de la décision de la CIJ et consolider les relations entre les deux pays voisins.
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