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Soupçons de surfacturation à l’Éducation nationale : la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq sous le feu des critiques

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Libreville, le 6 juin 2026 – La ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, se retrouve au cœur d’une tempête politique et judiciaire. Suite aux dépositions accablantes d’agents de la Direction centrale des Affaires financières (DCAF) diffusées le 5 juin sur Gabon 24, sa responsabilité directe est ouvertement questionnée dans l’affaire des 560 millions de FCFA de surfacturations présumées.

 

Malgré les preuves documentaires qui auraient été remises à la Police judiciaire (PJ), la ministre conserve pour l’instant un silence complet, alimentant le débat sur son éventuelle démission.

 

Les signatures de la ministre remises à la PJ

 

Lors de leurs auditions, les agents interpellés de la DCAF ont formellement impliqué leur hiérarchie. Selon leurs déclarations, chaque dépense engagée au sein du ministère porte obligatoirement la signature de Camélia Ntoutoume Leclercq, en sa qualité d’ordonnateur principal du budget. Les documents portant son aval ont été officiellement transmis aux enquêteurs de la PJ, déplaçant le curseur de la responsabilité pénale et politique vers le sommet du ministère.

 

Un arbitrage budgétaire à l’origine du scandale

 

Pour justifier les mouvements de fonds suspects, les mis en cause invoquent un arbitrage de crise validé « en haut lieu ». Face au non-décaissement d’une enveloppe d’un milliard de FCFA promise en 2024 pour financer la gratuité des frais de scolarité, le ministère s’est retrouvé dans l’urgence à l’approche de la rentrée 2025.

 

C’est à ce moment que la DCAF aurait proposé d’utiliser les fonds initialement alloués aux vacations des examens pour combler ce vide budgétaire. Une manœuvre pour laquelle la ministre d’État aurait explicitement « marqué son accord ».

 

Des fonds gelés et non perçus ?

 

Les agents de la DCAF nuancent toutefois le détournement en affirmant que les 560 millions de FCFA incriminés n’ont jamais été empochés. Le télescopage entre les grèves à répétition, la transition gouvernementale et la décision du chef de l’État de prendre en charge 50 % des frais du Baccalauréat aurait bloqué la distribution effective de ces fonds. Les suspects soutiennent n’avoir perçu que leurs indemnités légales de participation aux examens.

 

Le dilemme de la responsabilité politique au Gabon

 

Alors que la pression monte, la question de l’éthique politique se pose avec acuité. Si les standards démocratiques internationaux imposent généralement la démission ou la mise en retrait d’un ministre dont la signature couvre des malversations présumées, la culture institutionnelle gabonaise privilégie souvent le maintien en poste jusqu’à l’issue d’un procès.

 

Toutefois, le mutisme de Camélia Ntoutoume Leclercq devient difficile à tenir face à un scandale qui touche l’Éducation nationale, un secteur ultrasensible pour l’opinion publique, où parents et syndicats d’enseignants exigent une transparence totale.

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