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Gabon : Ike Ngouoni accuse — « On m’a demandé d’incriminer Brice Laccruche Alihanga pour être libre »

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Libreville, 25 avril 2026 — Après plusieurs années de silence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi sort de l’ombre et livre un témoignage choc sur sa détention. Dans une interview accordée au média panafricain Jeune Afrique, l’ancien directeur de la communication présidentielle revient sur les conditions de son incarcération et fait des révélations susceptibles de relancer le débat sur l’indépendance de la justice au Gabon.

Arrêté dans le cadre de l’opération Scorpion — vaste campagne judiciaire lancée sous le régime de Ali Bongo Ondimba pour lutter contre les détournements de fonds publics — Ike Ngouoni figurait parmi les personnalités influentes interpellées. À ses côtés, Brice Laccruche Alihanga, alors puissant directeur de cabinet du chef de l’État, faisait également partie des figures centrales de cette affaire qui avait profondément marqué l’opinion publique.

Dans les colonnes de Jeune Afrique, Ike Ngouoni décrit une détention « éprouvante », évoquant des conditions difficiles à la prison centrale de Libreville. Promiscuité, incertitude judiciaire et pression psychologique auraient rythmé son quotidien derrière les barreaux. L’ancien communicant du palais présidentiel parle d’un véritable « passage brutal de la lumière à l’ombre », traduisant la violence du basculement d’un univers de pouvoir vers celui de la privation de liberté.

Mais c’est surtout une révélation qui retient l’attention. Selon ses déclarations, il lui aurait été suggéré de « charger » Brice Laccruche Alihanga — autrement dit de l’incriminer — en échange d’une éventuelle libération. Une pression qu’il présente comme ayant marqué sa détention préventive, soulevant des interrogations sur les pratiques judiciaires dans ce type d’affaires sensibles.

Ces propos ravivent les critiques déjà formulées à l’époque contre l’opération Scorpion. Si celle-ci avait été saluée comme une initiative de moralisation de la vie publique, elle avait également suscité des doutes quant au respect des droits de la défense et à l’indépendance des magistrats, certains observateurs évoquant des procédures orientées par des considérations politiques.

La prise de parole d’Ike Ngouoni intervient dans un contexte politique en mutation, marqué par les conséquences du renversement du régime d’Ali Bongo en août 2023. Depuis cet événement, plusieurs anciens dignitaires ont été libérés ou ont vu leur situation judiciaire évoluer, contribuant à redessiner les équilibres au sommet de l’État.

Au-delà de son cas personnel, cette sortie médiatique pourrait avoir des répercussions plus larges. Elle remet sur la table la question de la crédibilité de la justice gabonaise dans les dossiers politico-financiers et interroge sur les méthodes employées dans la lutte contre la corruption. En donnant sa version des faits dans Jeune Afrique, Ike Ngouoni s’inscrit désormais dans un débat plus vaste : celui de la transparence, de l’État de droit et de la mémoire politique récente du Gabon.

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