Le Gabon accélère sa marche vers la souveraineté alimentaire. Le 5 mai 2026, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, et son homologue de l’Économie, Thierry Minko, ont officialisé cinq accords d’investissement majeurs dans la filière avicole. Objectif : produire localement pour répondre à la demande nationale, à l’approche de l’interdiction d’importation de poulet prévue en 2027.
Ces partenariats, conclus avec des investisseurs turcs, chinois et des opérateurs régionaux, représentent un volume global de plus de 775 milliards FCFA. Parmi eux, le groupe turc Hakan Kiran Holding projette une ferme intégrée à Ntoum, avec une capacité initiale de 60 000 tonnes par an, extensible à 100 000 tonnes. Une ambition qui dépasse les frontières nationales, avec une vision tournée vers l’exportation.
De son côté, le groupe NJS / AVI Gabon investira 10 milliards FCFA dans une ferme à Oyem, combinée à une unité de production d’aliments. Sa directrice générale, Helena Fotso, insiste sur la formation et le transfert de compétences au profit des populations locales.
L’Association Agricole Chinoise pour les Échanges Internationaux (CAAIE) prévoit, quant à elle, un investissement massif de 155 milliards FCFA pour développer des infrastructures agro-industrielles, tandis que d’autres acteurs chinois annoncent des projets complémentaires, dont une ferme de 30 millions de têtes.
Au total, ces initiatives devraient permettre au pays d’atteindre une production annuelle supérieure à 125 000 tonnes, couvrant ainsi ses besoins internes. Au-delà des chiffres, les autorités misent sur la création d’emplois, la réduction des importations et l’émergence d’un écosystème agricole structuré.
Pour Libreville, l’heure n’est plus aux promesses, mais à l’action. Ces accords marquent un tournant important vers une indépendance alimentaire durable.
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