Depuis le 28 avril, les couleurs vert, jaune et bleu flottent avec une intensité particulière sur la lagune Ébrié. Pour sa 18e édition, le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) a choisi de mettre le Gabon à l’honneur. Ce partenariat, qui s’étend jusqu’au 4 mai 2026, transforme l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Marcory en une véritable vitrine de la culture gabonaise.
Dès l’ouverture, la délégation gabonaise a marqué les esprits. Au-delà des performances scéniques, c’est tout un pays qui s’est exporté à Abidjan. Le « Village Gabon », érigé au cœur du festival, ne désemplit pas. Entre les effluves de l’odika et les rythmes envoûtants du patrimoine national, les festivaliers ivoiriens et internationaux découvrent la profondeur d’un terroir riche et diversifié.
« Recevoir le Gabon comme invité d’honneur est un symbole fort d’intégration africaine », a souligné l’organisation du festival. Pour Libreville, cette invitation est une opportunité diplomatique de premier ordre, permettant de renforcer les liens historiques avec la Côte d’Ivoire tout en offrant une plateforme internationale à ses créateurs.
Pourtant, cette célébration n’échappe pas aux débats passionnés. Sur les réseaux sociaux, l’absence de certaines figures emblématiques de la scène urbaine gabonaise, à l’instar de Kôba Building, a suscité de vives discussions. Malgré ces controverses sur la composition de la délégation artistique, l’enthousiasme du public reste intact.
Sur scène, les artistes sélectionnés portent haut le flambeau, prouvant que la musique gabonaise reste l’un des piliers de la créativité en Afrique centrale. Entre concerts géants, rencontres professionnelles et échanges gastronomiques, le Gabon réussit son pari : celui de séduire Abidjan et de rappeler que la culture est le plus court chemin entre deux peuples.
Alors que les festivités se poursuivent jusqu’à dimanche, le passage du Gabon au FEMUA 18 restera sans doute comme un moment charnière de la coopération culturelle entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale.
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