Le décès d’un voyageur à bord du train n°431 de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), survenu le 28 mai dernier entre Booué et Lastourville, relance le débat sur les moyens de prise en charge des urgences médicales à bord des transports publics au Gabon.
Selon les informations communiquées par la compagnie ferroviaire, le passager, souffrant d’une pathologie chronique, a été victime d’un malaise au cours du voyage. Malgré l’intervention du personnel de bord et l’assistance d’un médecin qui se trouvait parmi les voyageurs, les tentatives de réanimation se sont révélées infructueuses. Le décès a été constaté à l’arrivée du train en gare de Lastourville.
Au-delà de la douleur des proches de la victime, à qui la Setrag a adressé ses condoléances, cet événement tragique soulève une interrogation plus large : les moyens de secours disponibles à bord du Transgabonais sont-ils adaptés pour faire face à une urgence médicale grave ?
Le chemin de fer demeure l’un des principaux moyens de transport reliant plusieurs provinces du pays. Chaque semaine, des centaines de voyageurs empruntent cette ligne pour des trajets qui peuvent durer plusieurs heures à travers des zones parfois éloignées des structures sanitaires. Dans un tel contexte, la survenue d’un malaise cardiaque, d’un accident vasculaire cérébral ou d’une complication liée à une maladie chronique constitue un défi de taille.
Si la présence fortuite d’un médecin dans le train a permis une première prise en charge, beaucoup s’interrogent sur ce qui se serait passé en son absence. Les convois disposent-ils d’équipements médicaux suffisants ? Les agents de bord sont-ils régulièrement formés aux gestes de premiers secours ? Existe-t-il un protocole permettant une évacuation rapide vers une structure hospitalière lorsque la situation l’exige ?
Autant de questions qui reviennent régulièrement après chaque incident médical signalé dans les transports de longue distance.
Dans son communiqué, la Setrag a invité les personnes souffrant de maladies chroniques à prendre les précautions nécessaires avant tout déplacement et à signaler leur état de santé au personnel de bord. Une recommandation qui paraît de bon sens mais qui ne répond pas entièrement aux préoccupations soulevées par ce drame.
Car si la responsabilité individuelle des voyageurs est importante, la sécurité sanitaire à bord des transports publics constitue également un enjeu collectif. Dans de nombreux pays, les réseaux ferroviaires se dotent progressivement de défibrillateurs automatiques, de kits médicaux renforcés et de personnels spécialement formés aux situations d’urgence.
Le décès enregistré entre Booué et Lastourville rappelle ainsi la nécessité d’une réflexion sur le renforcement des capacités de premiers secours à bord du Transgabonais. Une réflexion d’autant plus importante que la ligne traverse de vastes portions du territoire national où l’accès immédiat à un centre hospitalier reste parfois difficile.
Pour l’heure, une famille est en deuil. Mais au-delà du drame humain, cette disparition remet au premier plan une question essentielle : comment garantir une assistance médicale efficace aux voyageurs lorsque chaque minute peut faire la différence entre la vie et la mort ?
Leave a comment