Libreville, 29 avril 2026 — Nouveau rebondissement dans une affaire qui a fortement marqué l’opinion publique gabonaise ces derniers mois. La Cour d’appel judiciaire de Libreville a décidé d’accorder la liberté provisoire à Junior Xavier Ndong-Ndong, tout en réduisant la peine prononcée contre lui en première instance.
Après plusieurs semaines de bataille judiciaire, la juridiction d’appel a revu à la baisse la sanction infligée au prévenu. Initialement condamné à 12 mois de prison, Junior Xavier Ndong-Ndong voit sa peine ramenée à 8 mois. L’amende, quant à elle, a été fixée à un million de francs CFA. Plus significatif encore, la Cour a levé le mandat de dépôt, permettant ainsi à l’accusé de quitter la prison centrale de Libreville dans l’attente de la suite de la procédure.
Cette décision intervient à l’issue d’audiences au cours desquelles la défense a vigoureusement contesté les charges retenues. Les avocats de Junior Xavier Ndong-Ndong ont notamment dénoncé des irrégularités dans l’enquête, estimant que les faits reprochés à leur client ne constituaient pas une menace avérée pour la stabilité du pays. Ils ont plaidé pour une requalification des faits, voire un allègement de la peine, mettant en avant le caractère non intentionnel des propos incriminés.
De son côté, le ministère public est resté ferme, soutenant que les déclarations du prévenu étaient de nature à semer la confusion et à attiser des tensions sociales, justifiant ainsi les poursuites pour trouble à l’ordre public et incitation à la révolte. Malgré ces réquisitions, la Cour a opté pour une approche plus mesurée, traduisant une volonté d’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits de la défense.
Pour rappel, cette affaire remonte à une conférence de presse tenue fin décembre 2025 à Libreville. Lors de cette intervention largement relayée sur les réseaux sociaux, Junior Xavier Ndong-Ndong, chef traditionnel, avait évoqué un supposé projet de coup d’État en préparation au Gabon. Il avait également fait état d’enlèvements d’enfants, de crimes rituels et d’une prétendue domination ethnique dans certaines administrations financières.
Ces déclarations, jugées alarmistes par une partie de l’opinion, avaient rapidement suscité une vive polémique, poussant les autorités à réagir. Interpellé le 3 janvier 2026 par la Direction générale des recherches (DGR), il avait été placé en détention avant d’être condamné par le tribunal correctionnel de Libreville.
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