À Mouila, le contentieux opposant le propriétaire de l’ancien site occupé par Airtel Gabon à l’opérateur de téléphonie mobile entre dans une nouvelle phase. Après l’examen du dossier par le Tribunal de première instance de Mouila, le bailleur affirme attendre toujours l’exécution de la décision rendue par la juridiction. Une situation qu’il juge désormais urgente, alors que l’immeuble continue de se dégrader.
Les griefs formulés à l’encontre d’Airtel Gabon sont consignés dans le mémoire en défense présenté par le propriétaire, Martin Moulengui Mabende, devant le Tribunal de première instance de Mouila. Selon les éléments communiqués, la juridiction aurait, après examen du dossier, demandé à l’opérateur de se conformer à la décision judiciaire.
Mais, plusieurs mois après cette étape judiciaire, le propriétaire affirme ne pas avoir obtenu le règlement qu’il réclame. Il sollicite désormais l’exécution effective de la décision du pouvoir judiciaire et l’intervention des autorités compétentes pour permettre l’aboutissement de son dossier.
Un litige né d’un incendie
À l’origine du contentieux, un incendie survenu le 18 juillet 2024 dans l’immeuble commercial situé au lieu-dit « Point 9 », à Mouila. Le bâtiment, donné à bail à Celtel Gabon, devenue Airtel Gabon, depuis 2004, abritait notamment une boutique, des bureaux et un dépôt.
À la suite du sinistre, le propriétaire a engagé des démarches pour obtenir réparation des dommages qu’il estime avoir subis.
Des dommages évalués à plus de 1,3 milliard de FCFA
Un rapport d’expertise établi le 27 novembre 2024 par le cabinet Equatoring, mandaté par AXA Assurances selon les éléments versés au dossier, évalue les pertes immobilières à 560,287 millions de FCFA.
Le même rapport fait état de 756,725 millions de FCFA au titre des loyers, portant l’évaluation globale des pertes à environ 1,317 milliard de FCFA.
Le propriétaire fait toutefois valoir que cette première expertise n’aurait pas été réalisée contradictoirement. La question de l’évaluation définitive du préjudice figure ainsi parmi les éléments du contentieux judiciaire.
Des réclamations portant également sur les loyers
Martin Moulengui Mabende fait par ailleurs état d’arriérés de loyers. Il indique que le montant trimestriel brut aurait atteint 6,006 millions de FCFA, soit 5,105 millions de FCFA après déduction de la taxe sur les loyers, selon ses propres calculs.
Il évoque également des désaccords concernant certains travaux et l’état du bâtiment avant et après le sinistre.
Un immeuble qui continue de se dégrader
Deux ans après l’incendie, l’ancien site d’Airtel Gabon serait aujourd’hui fortement dégradé. Selon le propriétaire, les intempéries auraient aggravé les dommages, au point de rendre nécessaire, à ses yeux, une démolition suivie d’une reconstruction plutôt qu’une simple réhabilitation.
Il indique également disposer d’évaluations situant la valeur de l’investissement immobilier entre 430 millions et 780 millions de FCFA.
Le dossier désormais centré sur l’exécution
Pour le propriétaire, l’enjeu est désormais de voir la décision de justice effectivement mise en œuvre. Il considère que l’attente a suffisamment duré et appelle à une issue permettant le règlement de son dossier.
Les griefs formulés contre Airtel Gabon restent ceux exposés par le propriétaire dans le cadre de la procédure judiciaire. Quant à la portée exacte de la décision et à ses modalités d’exécution, elles doivent être appréciées au regard du jugement rendu et des éventuelles voies de recours prévues par la loi.
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