Hôpital de Bongolo : la crise qui embarrasse l’EACMG
Depuis septembre 2026, l’hôpital de Bongolo est au cœur d’une controverse qui dépasse le seul cadre administratif. Au centre des tensions : l’affectation contestée du révérend Benjamin Kombo, directeur administratif et financier (DAF), et les interrogations suscitées par les conditions de son remplacement, indique Top Infos Gabon.
À Bongolo, dans la province de la Ngounié, la rentrée de septembre 2026 a été marquée par une crise qui ne semble pas se limiter à une simple question d’affectation. Derrière le dossier du révérend Benjamin Kombo, directeur administratif et financier de l’hôpital, se dessinent des interrogations plus larges sur la gouvernance de l’Église de l’Alliance Chrétienne et Missionnaire du Gabon (EACMG).
Selon les éléments avancés par ses soutiens, le pasteur Kombo n’aurait pas refusé son affectation. Il contesterait plutôt les conditions dans lesquelles celle-ci aurait été décidée, alors qu’il n’aurait exercé ses fonctions à Bongolo que depuis environ un an.
Une question demeure dès lors au centre des discussions : quelles sont les raisons précises de cette mutation ? Si des difficultés de gestion ou des irrégularités sont reprochées au responsable administratif, les fidèles et les différentes parties prenantes souhaitent que celles-ci soient clairement établies et expliquées.
Une mobilisation qui dépasse la famille Kombo
La contestation ne serait pas uniquement liée à la famille du responsable concerné. Elle mobilise également des chrétiens et des populations de la surintendance de la Ngounié, notamment à Lébamba, Mbigou, Malinga et Nzenzélé.
Pour ces communautés, Bongolo occupe une place particulière dans l’histoire de l’EACMG. L’œuvre missionnaire qui y a été implantée au début du XXe siècle par Donald Ferlay a contribué à faire de cette localité un important centre religieux et sanitaire.
L’hôpital représente ainsi bien plus qu’un établissement de santé. Pour de nombreuses populations, il constitue un patrimoine auquel sont attachés des souvenirs, une histoire et une mission sociale qui dépasse les générations.
C’est dans ce contexte que les interrogations actuelles sur sa gouvernance suscitent autant d’émoi.
Le silence nourrit les interrogations
Autre sujet de préoccupation : les relations entre l’hôpital et ses différents partenaires. Des inquiétudes circulent concernant l’avenir de certaines collaborations, tandis que d’autres voix assurent que les décisions relèvent principalement de la direction nationale de l’EACMG. Cette situation entretient un certain flou.
Pour les observateurs, une clarification officielle permettrait de rassurer à la fois les partenaires, les personnels, les fidèles et les populations locales. D’autant que les tensions semblent essentiellement concentrées sur les questions administratives et de gouvernance, alors que l’activité médicale de l’établissement se poursuit.
Au-delà de Benjamin Kombo
Le dossier Kombo pourrait surtout révéler des tensions plus anciennes au sein de l’EACMG. Certaines voix dénoncent des difficultés dans la gestion des affectations, la répartition des responsabilités et le fonctionnement des instances de gouvernance.
Ces critiques, lorsqu’elles sont formulées, mériteraient toutefois d’être examinées à la lumière de faits précis et de procédures clairement établies.
L’enjeu dépasse donc désormais le seul cas du DAF de Bongolo. Il touche à la capacité de l’EACMG à gérer ses désaccords avec transparence, à respecter ses propres mécanismes de gouvernance et à préserver l’unité de ses communautés.
L’urgence d’une clarification
Face aux interrogations qui persistent, la direction nationale de l’EACMG apparaît comme l’acteur central pour sortir de cette situation. Une explication claire sur les raisons de l’affectation de Benjamin Kombo, les conditions de son remplacement et les éventuelles difficultés de gestion permettrait de mettre fin aux spéculations.
Bongolo occupe une place historique dans l’histoire de l’EACMG. Son hôpital est également un établissement auquel de nombreuses populations de la Ngounié et la Nyanga restent profondément attachées.
Dans ce contexte, la priorité devrait être de préserver l’essentiel : la continuité des soins, la confiance des populations, la sérénité du personnel et la mission sociale de l’établissement.
Car au-delà des personnes et des responsabilités, Bongolo reste avant tout un lieu de soins, de foi et de mémoire.
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