Alors que la crise de l’eau continue de peser lourdement sur le quotidien des populations gabonaises, une question revient avec insistance : le problème vient-il du réseau de distribution ou d’un manque de production ?Pour de nombreux observateurs du secteur, la réponse ne fait plus de doute. Le Gabon ne souffrirait pas d’un manque de ressources en eau, ni même d’un déficit de financement ou de solutions techniques. Le nœud du problème résiderait ailleurs : dans une capacité de production insuffisante pour répondre à la demande croissante.Depuis plusieurs mois, les indicateurs sont alarmants. Des pertes économiques estimées à près d’un milliard de FCFA par jour, un impact sanitaire préoccupant lié à l’accès limité à l’eau potable, ainsi qu’un ralentissement de certaines activités économiques. Autant de signaux qui traduisent une crise structurelle profonde.Pourtant, selon plusieurs experts, des solutions existent déjà.
Certaines seraient même prêtes à être déployées à court terme, avec des résultats rapidement perceptibles. Mais sur le terrain, la situation évolue peu, alimentant incompréhension et frustration au sein de l’opinion.Dans ce contexte, les efforts engagés sur la réhabilitation et l’extension des réseaux de distribution apparaissent nécessaires, mais insuffisants. « Améliorer les réseaux sans augmenter la production revient à mieux répartir une pénurie », résume un spécialiste du secteur.Au plus haut sommet de l’État, la question de l’accès à l’eau a pourtant été érigée en priorité nationale. Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a à plusieurs reprises insisté sur l’urgence d’apporter des solutions concrètes aux populations.
Mais entre la volonté politique affichée et les résultats attendus, un écart persiste.Pour certains analystes, le blocage ne serait plus d’ordre technique ou financier, mais décisionnel. « Il arrive un moment dans les grands projets d’infrastructure où tout dépend de la capacité à trancher et à exécuter rapidement », souligne un observateur.À mesure que la crise s’installe, les enjeux dépassent désormais les seules dimensions économiques et sanitaires. Ils deviennent également politiques.
Car l’absence de résultats visibles, malgré des annonces fortes, tend à nourrir les interrogations sur les mécanismes de mise en œuvre des décisions publiques.Dès lors, une question s’impose : où se situent réellement les freins à l’action ?Dans un contexte d’urgence, le temps administratif semble de plus en plus en décalage avec le temps politique. Et chaque jour de retard contribue à accentuer les tensions, tant sur le plan social que sur celui de la gouvernance.Face à une crise aussi essentielle, la capacité à passer de la décision à l’exécution pourrait bien devenir le véritable indicateur de performance de l’action publique.
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