Alors que le Gabon est entré dans la Cinquième République, le Centre de délivrance des permis de conduire suscite l’exaspération générale.
Entre lenteurs injustifiées, manque de considération et dysfonctionnements chroniques, le parcours des usagers relève désormais du parcours du combattant.
Un traitement de faveur et un mépris affiché
Des démarches simples, telles que la délivrance d’un certificat d’authenticité, une confirmation, un droit à la conduite, une légalisation, un renouvellement ou un échange de permis, se sont transformées en un véritable casse-tête. Bien qu’ils s’acquittent des frais exigables auprès du Trésor public et respectent les rendez-vous fixés par le service d’accueil, les usagers doivent régulièrement patienter des semaines, voire des mois, pour des actes administratifs qui pourraient être traités et signés dans la même journée.
La journée du 5 août en a offert une nouvelle illustration.
Venus de diverses localités dans l’espoir de récupérer leurs documents aux alentours de 14 heures, plusieurs usagers ont affirmé avoir été copieusement rabroués par des membres du personnel. Après une attente prolongée jusqu’à 18 h 30, la récolte s’est avérée bien maigre : le directeur n’aurait paraphé que quelques rares certificats d’authenticité.
Opacité financière et traitement de faveur
Au-delà de l’exaspération liée à l’attente, l’incompréhension et la suspicion grandissent.
Ce même jour, la chute accidentelle d’une chemise de dossiers transportée par un agent du bureau Accueil et Renseignements a laissé apparaître des billets de banque. Une scène qui suscite d’évidentes
interrogations : les sommes versées par les usagers sont-elles toutes effectivement reversées dans les caisses du Trésor public ?
Existe-t-il une administration à deux vitesses favorisant certains usagers au détriment des autres ?
« Comment une administration publique peut-elle encore fonctionner ainsi en République gabonaise ? » s’interroge un usager désemparé.
Un ras-le-bol partagé par les auto-écoles
Le malaise touche également les professionnels du secteur.
À Franceville, Koula-Moutou, Port-Gentil, Mouila et LAMBARENE les promoteurs d’auto-écoles tirent la sonnette d’alarme : ils affirment ne plus recevoir de permis provisoires depuis janvier 2026,un manque de communication et mépris de la Direction des Permis de conduire.
Ils dénoncent un manque flagrant d’objectivité aussi bien dans la gestion des dossiers que dans l’organisation des examens.
Plus grave encore, des soupçons pèsent sur l’existence d’un réseau mafieux au sein du Centre des examens.
L’obtention du précieux document semblerait, selon certains témoignages, réservée aux plus offrants.
Pendant ce temps, les candidats ayant suivi le cursus régulier peineraient à obtenir gain de cause, souvent recalés de manière systématique aux épreuves du code, du créneau ou de la circulation en ville. Si ces accusations de corruption restent à démontrer avec rigueur, le sentiment d’injustice, lui, est bien réel.
À quand une prise de conscience des autorités ?
Face à ces dérives récurrentes, la question de l’action du ministère des Transports se pose avec insistance.
Que font les autorités compétentes du Ministère des Transports pour assainir le secteur ?
De tels agissements ont-ils encore leur place dans la 5eme République ?
À l’heure où les valeurs d’éthique, de déontologie administrative et de transparence sont prônées au plus haut sommet de l’État, les citoyens et usagers de la route n’exigent rien d’exceptionnel : le simple respect des procédures, un traitement équitable et la considération due à tout contribuable.
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